Le rituel chamanique:JOAN PINCHU SHAMAN À THÉLIS-LA-COMBE

Comment se passe un rite chamanique?

  1. L’INTENTION
  2. LE RITUEL
  3. LES PARTICIPANTS
  4.  LES BIENFAITS

Pour comprendre les pratiques chamaniques, je vais aborder la question du rite chamanique.
En apparence, tout comme la question :  « Qu’est-ce qu’un chaman ? », cette question paraît simple, mais pour qui sait, cela nous amène dans un univers inaccessible à beaucoup.
Ces questions sont légitimes, mais les réponses ne pourront qu’être parcellaires. La renaissance du chamanisme au niveau mondial justifie d’autant plus ces questions.
Bien que ce que je vais pouvoir dire au sujet du rite sera bien pauvre, il est juste que je partage. Tout d’abord, en règle générale, un rite chamanique est pratiqué par un chaman. Mais dans les sociétés traditionnelles, certains rites familiaux sont accomplis par le chef de famille (hommage aux ancêtres par exemple ou pour la protection du bétail). Certains rites sont tout à fait individuels.
Nous avons donc différentes situations :

  • Le rite personnel
  • Le rite familial
  • Le rite collectif
  • Le rite pour aider une personne, celui-ci est pratiqué par un chaman avec ou sans la présence de la personne, mais ce rite peut être collectif

Du rite personnel au rite collectif, c’est le chaman qui est le gardien de l’harmonie entre l’être humain, la nature, les esprits.
Outre la forme, il existe de multiples fonctions du rite :

  • Rites de purification, protection, offrande, guérison, désenvoûtement, trouver un objet ou une personne disparue, rites de passage, d’initiation, de transmission, d’apparentage, funéraire, de sacralisation, de fécondité ; puberté, mariage, naissance, et culte des ancêtres.
  • On pourrait dire que tout rite est : s’unir volontairement à la tradition que le rite consacre (d’ailleurs le mot en lui-même à un double sens étymologique de relier et se recueillir).
  • Il a aussi dans sa dimension collective une fonction d’union, rassemblement, harmonisation.
  • Outre l’objectif sacré qu’il possède nécessairement, le rite régule les tensions dans le groupe, il apporte une nouvelle force.

Ce qui m’amène tout naturellement à un principe important en chamanisme, la notion d’intention.

L'intention

Aucun rite ne peut être valable s’il n’est pas porté par une intention véritable. Celle-ci est comme la flèche tirée par l’arc de l’esprit.
Je dirais même que l’intention est l’esprit du rite alors que l’organisation pratique en est le corps.
L’intention est l’essence de l’acte, c’est pourquoi le rite ne peut être un acte répétitif, stéréotypé comme pourraient le voir certaines personnes extérieures.
C’est pourquoi également, pratiquer un rite chamanique que l’on a lu dans un livre, ou que l’on a vu dans un reportage ou même vu de ses propres yeux, est une attitude non seulement irrespectueuse mais inconséquente. 

Parce que si l’on met en œuvre un rituel, c’est pour en tirer une énergie bénéfique. Ce que je veux dire : ce n’est pas un jeu plus ou moins exotique.
Pour poser une intention, le chaman est entièrement dans l’énergie tant au niveau physique, psychique, émotionnel que sacré.
Dans son esprit, l’intention n’est pas quelque chose d’extérieur ou simplement une pensée, un désir. Il est, il incarne l’intention.
Il en découle que le rite ne peut être pratiqué à la légère, le plus souvent, il découle d’une nécessité parfois même d’une urgence. On ne peut se moquer impunément des esprits et des forces de l’univers.

Le rituel

Je vais brosser ici à grands traits dans un exemple collectif ce qui fonde un rite chamanique. L’intention en est le germe et la direction.
Le chaman va être le point central de cette opération.
Il y a une assemblée de personnes qui vont participer, aider le chaman dans sa pratique. Être présent, participer, réagir à ce qui se passe, bref rentrer dans l’histoire, car il s’agit bien d’un drame qui se joue.
Les Occidentaux coupés de leurs racines sont soit passifs, intériorisant leur expérience ou bien alors décalés. Mais bien, souvent, il y a une ou deux personnes qui au fond d’elles-mêmes n’adhèrent pas à ce qui se passe, ont des pensées méprisantes ou hostiles ou bien encore, ayant peur de leur propre peur, peuvent être agressives. Ces personnes rendent l’action du chaman plus difficile et mettent sa vie en danger.

Ce que je dis là est une réalité simple, nette et claire.
Le rituel crée un espace-temps sacré, il ouvre une porte qu’il faut savoir ouvrir et qu’il faut nécessairement fermer à un moment donné et seule une personne reconnue par les esprits et les hommes peut l’accomplir d’une manière sacrée.
C’est une expérience qui est mise en mouvement, perceptible par les personnes dont l’âme est vivante, sensible.

Le chaman va mettre en œuvre les moyens nécessaires à l’accomplissement : les offrandes, les symboles, les mythes, la sacralisation de l’espace, demander à certaines personnes de faire telle ou telle chose à tel moment ou à un autre.
Avant même que le rituel soit mis en place, les énergies de chacun se révèlent, se heurtent, se croisent et finissent par s’accorder.

Imaginez une roue avec son moyeu, c’est à dire son centre.

Le rite est la création d’un cercle sacré dont le chaman est le centre symbolique et animateur.
Le cercle est formé par les participants et les éléments matériels du rite : symboles, offrandes, fumigations et toutes sortes de médecines. Selon les traditions cette roue médecine est plus ou moins élaborée ou complexe.
C’est juste une question de tradition. Le principe reste le même.
Ce cercle consacré donc sacré sera le théâtre dans lequel les participants vont se trouver reliés et acteurs. Il s’agit d’un lieu de protection et d’ouverture.
Lorsque je conduis un rite chamanique, je suis revêtu de mon costume chamanique. Il ne s’agit pas de folklore ! Ce costume chamanique est à la fois une protection et un lieu de rassemblement pour mes esprits alliés.
Je sens dans mes jambes à la fois la Terre-Mère, sa force, sa protection et la lignée des Ancêtres.
Dans mon âme et mon cœur, se trouve la connexion à mes collègues, chamans avec qui j’ai des liens particuliers à travers le monde. Par mon esprit, je suis relié au Père-Ciel et au Grand Mystère.
Alors, je suis ici et ailleurs. Le temps et l’espace sont en expansion. Passé, présent et futur se conjuguent. Je vois ici et d’autres mondes.
Je suis en lucidité sur plusieurs plans. Je suis totalement présent avec les personnes dans le cercle sacré, comme je suis totalement présent en lucidité avec d’autres réalités.
Ce qui me permet de Savoir et de faire ce qui est juste au moment juste et l’Intention guide mon chemin.

Les participants :

Cela fait plusieurs dizaines d’années que je conduis des rituels collectifs.De la sorte, j’ai été confronté à des personnes de tous âges, du bébé au centenaire, de toutes cultures, de toutes religions. Inutile de rappeler que si un rite a lieu, c’est qu’il y a une raison.

À chaque fois, j’observe comment sont les participants pendant la préparation, les énergies qui se mettent en place.Il y en a qui préfèrent rester en retrait, d’autres s’activer, s’impliquer dans les préparations soit par angoisse, soit pour la relation au sacré.Évidemment, il y a toujours un ou deux individus qui s’efforcent de séduire le chaman avec des jeux psychologiques vains.

Dès que le cercle sacré est formé, les participants imperceptiblement changent d’attitude, deviennent autres.Ils sont investis eux aussi par le sacré et c’est en cela qu’ils s’aident et aident le chaman à ce que l’opération fonctionne. Bien que le rite soit plus ou moins codifié, il est une trame sur laquelle le chaman va broder l’histoire qui se joue. De fait tout ce qui est demandé aux participants, c’est de participer en se mettant en accord avec l’énergie du cercle sacré. En fonction de ce qui se passe avec les esprits et les personnes, je vais soit demander à un participant de faire telle ou telle chose, ou je vais moi-même intervenir sur une personne. Si le rituel a lieu au bénéfice d’une personne, je vais l’inclure dans l’axe cosmique que je deviens lorsque je pratique.Ce qu’il faut saisir est que contrairement à la psychothérapie qui s’évertue à réparer par un retour au passé, l’action chamanique est autre.

Chamaniser, c’est être dans le présent, aller récupérer ou réajuster l’âme de la personne. La vision chamanique du mal-être d’un individu est celle d’un monde déstructuré. Le rituel consiste donc à achever la destruction de ce monde, l’amener à sa fin pour permettre l’émergence d’un nouveau monde. Notez qu’aujourd’hui, c’est la même chose au niveau collectif. L’espèce humaine termine un cycle et a besoin des chamans pour faciliter l’émergence d’un nouveau monde.

Les bienfaits : 

Le rituel est ouvert, puis fermé, c’est une évidence.

Il permet de relier, de mettre en harmonie l’humain avec l’univers et ses forces invisibles.

Mais la cérémonie, elle-même commence bien avant le rituel et se continue bien après sa fermeture.

Le simple fait d’être en contact avec cette histoire apporte quelque chose d’indicible, d’inexprimable.

Pendant le rituel les participants semblent, un temps, déchargés du poids de l’humanité. Ils semblent plus lumineux, les visages se détendent. L’énergie circule dans leur corps, leur esprit s’apaise.

Après le rituel, des portes vont s’ouvrir dans la vie de chacun. Des situations bloquées se débloquent. La confusion fait place à la clarté, le rapport aux autres et à la vie change.

Le fait est que même inconsciemment, l’expérience de la reliance modifie le rapport au monde.

Beaucoup de souffrances, de troubles émotionnels viennent du fait que l’être humain, coupé du flux de la vie, se sent seul, profondément seul.

Les bienfaits d’un rituel chamanique sont de participer et de vivre une renaissance, de partir dans la vie avec des forces nouvelles et là tout est possible.

CF sessions individuelles et sessions de groupe

Pour plus de détails, n’hésitez pas à contacter Joan Pinchu Shaman à Thélis-la-Combe !

Les différents rites chamaniques 

La Hutte à sudation (Sweat lodge, inipi…)

Remercions les anciens d’avoir su découvrir, expérimenter et transmettre cette grande médecine.

Si l’on compare la hutte à sudation au sauna c’est que l’on est très éloigné du grand mystère que représente cette vénérable pratique.

Bien sûr, il est indéniable que cette pratique a les plus bénéfiques effets sur le corps et la santé : élimination des toxines et poisons, amélioration du métabolisme et catabolisme, de l’équilibre hormonal et nerveux, de la circulation sanguine, mise à mal des microbes, bactéries et virus.

Il est vrai aussi que l’usage de la hutte à sudation peut avoir des intentions différentes :

  • Préparation à la chasse (la pratique de la sudation éliminant les odeurs corporelles du chasseur) .
  • La pratique de la hutte de sudation, est mise en œuvre dans les périodes de famine, de grands froids ou de conflits dans la communauté.
  • Hutte de vision mise en oeuvre pour préparer une quête de vision, une retraite chamanique ou pour accéder à une vision dans la hutte.
  • Hutte de guérison pour soigner une ou plusieurs personnes.
  • Hutte sacrée qui agit à tous les niveaux et les transcendent.

La pratique de la hutte spirituelle est l’occasion de retourner dans le ventre originel, dans le ventre de la terre-mère. C’est l’occasion de se relier à la Terre, au Ciel, aux Éléments, à la Nature, à la Création tout entière et surtout au Grand Esprit, au Grand Mystère et de réintégrer l'harmonie naturelle. C’est un chemin vers l’authenticité et le respect : respect de soi, des autres, de la nature, de la vie, du sacré. Alors, alors tout devient possible !

Entrer dans la hutte, c’est accepter de mourir, de se libérer des liens qui nous asservissent, qui troublent notre âme et notre esprit.

La pratique de la hutte sincère et véritable est une profonde purification qui permet de renaître à une nouvelle vie avec de nouvelles forces. Le chamanisme est une ancienne et universelle sagesse, une réelle connaissance offerte à tous et à toutes.

Seules ses formes varient pour s’adapter aux milieux naturels et cultures différents. Ainsi la pratique de la hutte à sudation est quasi universelle depuis des milliers d’années.

Selon les cultures la hutte est en bois, en branchages, en terre, en écorces et mousse, en pierre. Elle peut être en forme de dôme, de tipi, d’abri semi-enterré, voire une pièce réservée dans une maison.

Le feu peut être fait à l’intérieur ou mieux à l’extérieur. Chaque tradition possède son propre symbolisme, sa propre cosmogonie, son propre rituel de la hutte à sudation, mais l’expérience qui se joue là est toujours la même.

J’ignore le nombre exact de cérémonies de la hutte à sudation que j’ai pu vivre dans ma vie, mais c’est toujours une grâce. Chaque fois, c’est une expérience profonde et unique.

On ne peut comparer ce genre d’expérience. Le mystère de la hutte à sudation s’opère avec du feu, de la terre, de l’air, de l’eau, des plantes, des pierres. À ce moment-là, nous participons de l’univers et c’est beau !

La pipe sacrée (chanupa)

Avec la cérémonie de la pipe sacrée, j’aborde une des sept cérémonies sacrées des peuples Sioux.
C’est l’occasion de voir comment une démarche rituélique peut synthétiser le sacré d’un peuple.
La pipe sacrée s’appelle Chanupa : littéralement deux bois. Cette pipe est à elle seule l’autel, et condense en un objet sacré l’univers sacré de ce peuple nomade.
Bien sûr, il y a une légende sur l’origine de cette pipe.
Il existe quelques variantes de cette légende et je soupçonne fortement que la version la plus connue fut quelques peu christianisée. Il est dit que la femme bisonne blanche apporta la pipe sacrée aux hommes pour qu’ils puissent être toujours en relation avec le grand esprit, maintenir la cohésion de leur communauté, apporter un soutien aux personnes en souffrance. C’est un instrument de prière.
En respectant la pipe sacrée l’homme reste le gardien respectueux de la Terre-Mère, il s’engage à la noblesse de ses sentiments et de ses actes.
Fumer la pipe sacrée, c’est donc prier, se relier au Grand Mystère. Cela doit rester un acte grave et profond.

D’ailleurs, le fourneau et le tuyau, ne sont assemblés que pour ce geste sacré.
Assembler la pipe, c’est relier la Terre et le Ciel. Assembler la pipe, c’est relier la Terre et le Ciel. Fumer, c’est envoyer avec grand cœur et humilité sa prière. Il est vrai que la Chanupa permet bien des miracles !
LE MAPACHO... !
La pipe sacrée est spécifique des amérindiens d’Amérique du Nord.
Le tabac étant une plante sacrée, le mode opératoire dépend de la culture qui le met en oeuvre. Ainsi, en Mésoamérique, le Mapacho est utilisé dans les rituels chamaniques. Il s’agit d’un cigare fait avec une feuille de maïs que l’on complète d’un mélange fait à partir de tabac. Il est alors utilisé comme instrument de prière, d’offrande, de parole et pour certains actes de guérison.
D’autres cultures utilisent le cigare réalisé à partir d’une feuille de tabac, à savoir qu’un tel cigare va d’une dimension que nous connaissons à l’heure actuelle jusqu’à des cigares de deux mètres de long...

Cérémonie Tambour Médecine

« Le soir tombe sur la nature. J’arrive vers un abri circulaire qui semble baigné par un calme réconfortant. Lorsque j’y pénètre, il y a en fait de nombreuses personnes dans une sorte d’attente patiente et respectueuse.
Au centre de l’espace, il y a deux éléments : tout d‘abord un feu sacré au parfum odorant, puis un « autel de terre » rigoureusement agencé. Sur cet autel se trouvent divers objets : des tambours chamaniques, des « médecines chamaniques », des objets devant être purifiés ou sacralisés. Au fond de l’enceinte, face à la porte, dans l’axe autel-feu-porte se trouve l’espace du chaman qui dirige la cérémonie. De part et d’autre de cet axe, se trouvent les assistants du chaman. Autour de cet ensemble, se trouve un deuxième cercle de personnes : « le public ». En effet, cette cérémonie, s’adresse à toute personne désireuse d’y participer, en accord avec son caractère sacré. Car il ne s’agit ni d’un spectacle, ni d’une prestation de loisirs.
Je m’imprègne de l’ambiance qui règne en ce lieu. Il est curieux d’observer comment peu à peu s’installe une atmosphère paisible, recueillie, attentive. Ces inconnus qui se connaissent à peine ou pas du tout, forment un cercle de personnes reliées par une mystérieuse énergie douce et positive.
Chacun est là, pour soi, pour les autres, pour la vie tout simplement. Le public n’a pas à s’impliquer dans l’espace chamanique mais peut en recueillir certains bienfaits.
Les gestes du chaman, sont posés, mesurés. Je sens qu’ils sont agis en pleine conscience. Tout au long de la nuit, il sera ainsi présent, à conduire la cérémonie, à dialoguer avec la nature et les esprits au profit de la communauté éphémère de cette nuit. Il se donne sans bénéfice personnel et doit supporter de surcroît les errements psychiques des individus industrialisés que nous sommes avec toutes les perversions qui en découlent.
De quoi s’agit-il au fond ? Tout au long de la nuit, la cérémonie conduite par le chaman, nous fait revivre la création du monde, de l’homme, des difficultés qu’a l’être humain à assumer son existence, et à vivre ses expériences.
Le tambour élève notre âme, nous relie aux anciens, aux esprits, à la nature et à ses forces. Les symboles deviennent énergie, la Mythologie nous habite. Pendant quelques heures, nous changeons de monde, nous participons alors pleinement à la vie. Cette cérémonie est l’occasion de se relier, de se réunifier avec le monde, donc d’être en marche avec l’Univers.
Parfois, pendant la cérémonie, une personne du public se lève et va s’asseoir ou s’allonger sur une couverture placée près de l’autel. À ce que je sais, il arrive fréquemment qu'une personne danse ou entre en transe. Elle reçoit alors de la part du chaman une guérison chamanique ou un oracle « Je comprends que c’est une chance de pouvoir vivre cette expérience ! » (un visiteur)
Selon Joan SigelPinchu, une Cérémonie Tambour est un espace sacré dans lequel chaque personne présente accède à une nouvelle expérience de vie. La cérémonie, « lave » les stress, les tensions et apporte un bien-être particulier très bénéfique. Elle permet ainsi de repartir dans la vie avec « quelque chose « en plus.
Sur votre invitation, une cérémonie tambour peut être organisée.

La Quête de vision

C’est une des grandes pratiques du chamanisme.
Selon les traditions, la Quête de Vision s’effectue durant 3 jours, 4 jours ou même plusieurs mois. Elle s’effectue soit dans une fosse à vision, une retraite dans une grotte, dans une « tanière ». Mais le plus souvent, il s’agit d’une expérience de solitude sans aucun bagage, dans la nature.
C’est une expérience de symbiose avec la Nature, la Création. L’homme n’est plus un animal social, mais un homme-nature, il procède à un retour originel. Le pratiquant rompt ses liens avec la communauté humaine.
Cette expérience est faite de privations, de jeûne, les besoins du corps ne sont plus l’essentiel. Il s’agit véritablement d’une « plongée » dans l’expérience sacrée.
Le corps, le moi sont dépassés pour accéder à l’ultime. La Quête de Vision est essentielle à l’initiation chamanique.
Pour être chaman, il faut pouvoir traverser les souffrances terrestres, il faut pouvoir libérer son âme.

Mais la Quête de Vision, on le comprendra, n’est pas un chemin égoïste, ce qui est acquis lors de la quête de vision servira directement ou indirectement la communauté.
Dans de nombreuses traditions, la Quête de Vision sert de rite de passage, passage de l’état d’enfant à celui d’adulte.
La Quête de Vision peut apporter une réponse quant à un destin; une vision peut conduire toute une vie, comme cela est souvent le cas chez des personnalités exceptionnelles qui œuvrent toute leur vie à faire vivre leur vision.
Une vision peut apporter un don, une capacité particulière, une « médecine » ou tout autre élément sacré nourricier de l’esprit.

LA VISION : Mais qu’est-ce qu’une vision ?
La vision n’est pas une rêverie, n’est pas une fantasmagorie, n’est pas un rêve, n’est pas une imagination, ni non plus une intuition. La vision est une RÉALITÉ, un accès momentané à une autre conscience, c’est l’immergence dans la réalité d’une autre réalité.
Cette vision, on la voit avec ses yeux, son coeur, son âme, son esprit, elle est entière et totale. À ce moment-là, on sait que c’est une vision. Une vision, cela vous bouleverse, c’est une expérience intense et profonde qui transforme l’être au plus profond. Nous retrouvons ici, une base essentielle du chamanisme : expérimentes et tu sauras !

Dans ma vie, j’ai le privilège d’avoir vécu plusieurs fois cette expérience. Je vais partager avec vous une « petite » vision.
C’était lors d’une cérémonie INIPI (hutte de purification selon la tradition Sioux Lakotas).
Je conduisais cette cérémonie en pleine nature, en automne, l’air était vif, le ciel gris cachait les étoiles. Nous étions en cercle comme il se doit à l’intérieur. J’étais comme à l’accoutumé heureux d’être dans la hutte, à me relier à la création, à remercier les anciens, le grand esprit, les médecines, à tout ce que la vie nous offre.
Je sentais le cercle des participants stressés, tendus, beaucoup à faire des prières pour eux-mêmes, repliés sur eux-mêmes.
Tout à coup, je vois le sommet de la hutte faire place à un magnifique ciel bleu, puis un aigle apparaître avec ses grandes ailes déployées.
Et je sentais cet aigle dire : "Je suis là ! Voyez-moi ! Je suis là pour recevoir vos prières et les emmener au Grand Esprit !" Je lui répondis : "Hi ! ho ! Merci ! Merci ! Je t’offre mes prières, emmène-les !"
Dans le même temps, je pressais les autres de lever leur regard vers le ciel, d’élever leur esprit vers le ciel.
Je comprenais soudain comme l’être humain est plein de complaisance envers lui-même. Ils ne comprirent pas le message, l’aigle repartit avec mes seules prières.
Cette expérience montre combien il est difficile pour beaucoup d’être dans l’instant présent, de ne pas être obnubilé par ses tracas personnels, d’être présent à la magie de la vie.
La beauté de cette vision m'a porté pendant longtemps et je remercie encore pour cela.
Depuis je dis souvent lors des cérémonies, pour s’élever c’est simple lorsque votre nez va vers votre nombril, levez la tête pour qu’il puisse pointer vers le ciel.
C’est bien sûr une image.
Ce n’est pas une fantaisie de l’imagination, pas une rêverie, ni des images hypnagogiques, ni un délire, ni une hallucination.
Lorsque nous avons la grâce d’une vision, cela peut être une expérience dans laquelle nous avons immédiatement la compréhension de l’expérience, mais parfois, on ne se rend pas compte immédiatement qu’il s’agit d’une vision.
Il nous faut alors, un mouvement de compréhension, de réflexion, mais tout va très vite, même si dans ces expériences le temps n’a plus de consistance.
La perception de la vision est une expérience concrète, concrète comme la réalité de notre quotidien. À ceci près que nous vivons intérieurement une expérience émotionnelle très profonde qui nous transforme, nous bouscule, nous projette hors de nos habitudes, de nos limitations. Nous faisons alors un saut dans la beauté de la vie.
Lorsque je conduis des quêtes de vision, souvent les personnes sont dans une angoissante question qui me fait sourire. Je lis dans leur esprit « comment reconnaît-on une vision ? »
C’est simple, lorsque nous avons la grâce de recevoir une vision, s’impose alors en nous fortement la certitude intérieure que nous vivons une vision. Lorsque nous avons une vision : nous savons !
De tout cœur, je vous le dis, si vous avez l’occasion de vivre une Quête de Vision, quelle que soit votre peur, n’hésitez pas ! Allez-y ! Car c’est une chance et une grâce.

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« La vision véritable n’est pas un rêve, c’est quelque chose de très réel. Vous êtes tout éveillé, et soudain une personne se tient à vos côtés, alors que vous savez pertinemment qu’elle ne peut être là. Vous ne rêvez pas, vos yeux sont ouverts. Il faut travailler longtemps à faire le vide dans votre esprit pour atteindre ce but. Une fois que vous avez fait l’expérience de cette vision réelle, plus rien d’autre ne peut vous satisfaire. À partir de ce moment, pour vous, c’est tout ou rien. »
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ARCHIE FIRE LAME DEER : Souvent considérée comme une épreuve extrême, la quête de vision est une expérience indispensable à tout chaman et l’on peut dire qu’elle est bénéfique à toute personne.
Cette pratique est inscrite dans toute tradition chamanique avec bien sur des variantes locales. Mais le fond reste le même. La quête de vision est destinée à plusieurs objectifs ;
en tant que rite d’initiation ou de rite de passage, acquérir un pouvoir ou une médecine personnelle, rentrer en contact avec son destin, et surtout entrer en contact avec le monde spirituel.
En étant investi par le sacré, l’on devient pleinement, on acquière une puissance intérieure qui bouleverse la vie.
La quête de vision, nous confronte avec nous-même, les forces obscures qui sont en nous et qui agissent souterrainement. Elle peut nous donner l’occasion d’avoir une vision, une voyance sur notre chemin de vie, elle peut nous apporter une connaissance, une compréhension, un chant ou une médecine particulière que nous pourrons alors mettre en œuvre.
La quête de vision revêt bien des aspects, mais, elle comprend toujours une période d’isolement, de retrait du monde, un jeûne. Dans certains cas la consommation de plantes ou substances modificatrice de conscience. La démarche de la quête de vision et de prendre une distance par rapport à la famille et à la société dans laquelle nous vivons, et qui nous conditionne.
À cet égard, une des sept cérémonies sacrées des Sioux Lakotas, la fameuse SUN DANCE (la danse face au soleil), si longtemps interdite par le gouvernement américain s’apparente souvent à une quête de vision.
Cette cérémonie a lieu une fois par an, l’été. Un poteau cérémoniel est dressé selon le rite. Des lanières de cuir y sont fixées. Depuis un an, les Sun dancers se préparent. Ils ont reçu l’appel de Wakan Tanka, le grand esprit, le grand mystère. Au jour, le la cérémonie qui va durer quatre jours, toute la population sera là, y compris les heyoka (les contraires), c’est à dire ceux qui sont directement inspirés par les esprits et exécutent ce que les esprits leur commandent.
L’homme médecine, l’homme saint qui dirige la cérémonie va alors percer chaque danseur à l’aide d'une griffe d’aigle. Il percera sa chair et y passera un bout de bois de cerisier. Il attachera alors le danseur aux lanières qui descendent du mat et lui donnera un sifflet en os d’aigle. Alors, celui-ci soutenu par la foule dansera face au soleil, en sifflant dans son sifflet en os d’aigle, en dépassant la douleur, en priant pour son peuple et pour l’humanité tout entière. Il priera pour la Terre-Mère, pour le Père-Ciel, pour les pierres, les arbres, les nuages, les insectes, les reptiles, les plantes, les animaux, pour la vie, il se sacrifiera à lui-même pour la vie, donc pour le sacré, jusqu’à ce que ses chairs se déchirent et le libèrent de ses liens.
Voici un acte authentiquement chamanique qu’aucun gourou ou maître spirituel n’est capable d’offrir à ses disciples en désespérance.

Chez les Nordiques, il y avait le sacrifice suprême. Un homme était sacrifié, selon son propre choix, soit dans une source profonde, soit dans une tourbière. Il était, d’une manière sacrée, strangulé et jeté dans la source ou la tourbière. Son cheminement alors avait valeur sacrée et oraculaire.
Ensuite, il nous faudra, nous libérer d’autres liens : ceux de la chair, ceux de notre incarnation afin de libérer notre esprit afin qu’il puisse voler comme l’aigle. Et ce n’est pas pour rien qu’Odhinn, le vieux, le dieu nordique soit aussi le dieu des lieurs, car sa magie lie et délie.
La quête de vision est en fait une quête d’éveil, éveil à la vie, éveil au sacré.
Il s’agit d’une intention délibérée de se relier au sacré, motivé par une perception intérieure de retourner à la source. Il s’agit de mourir pour renaître à une autre vie. L’espoir est à la hauteur de l’ambition, mais le chemin est difficile. Les anciens ont parcouru le chemin, l’on balisé. Soyons humbles ! Ecoutons leur enseignement, leurs conseils.
La quête de vision est une expérience, qu’il nous faut vivre avec une grande lucidité.
N’oublions pas que l’éveil, c’est être éveillé, tout d’abord sur notre intention personnelle puis sur ce que nous vivons dans cette expérience. L’éveil apparaît, lorsque nos sens sont en éveil et non pas comme endormis comme c’est souvent le cas dans la vie quotidienne. Alors, la perception ouverte, lucide, pleine, s’impose.

La musique et les chants

La musique et les chants n’ont pas valeur d’esthétisme, leur finalité est autre.
Ils permettent d’entrer en connexion avec le chant vibratoire de l’univers et des forces qui l’animent.
Une « chose » qui est chantée est alors investie d’une vie, elle naît alors au monde.
D’autre part la musique et le chant ont pour objectif d’accompagner l’acte chamanique, de soutenir la volition de l’opérant et permettre à l’esprit d’être (comme une flèche).
De même, ils sont l’expression de la prière, de l’invocation, de l’émotion participante du sacrée.
Ils sont le rappel de la cosmogonie, des mythes et symboles, de la théogonie.
D’autre part, le chant peut avoir valeur divinatoire et exorcisante.
Les chants sont de deux ordres : traditionnels ; ils sont le corpus et l’expression d’une culture, dans ce cas, ils sont transmis lors des initiations.
Il y a les chants propres à chaque chaman.
Ils apparaissent au fur et à mesure de sa propre expérience, ils révèlent son pouvoir et ses médecines.
Les chants chamaniques sont avant tout des chants de l’esprit, de l’âme, du cœur.
Ils sont véritablement inspirés.